Dès la naissance des Etats-Unis, le rêve américain repose sur une promesse forte : celle d’une société où chacun peut réussir grâce à son travail, indépendamment de son origine sociale. Cet idéal met en avant la méritocratie, l’ascension sociale mais aussi particulièrement les institutions démocratiques. Les États-Unis se présentent alors comme un modèle politique et moral, fondé sur les valeurs d’égalité, de liberté et de droits individuels, incarnant l’image d’une Amérique nouvelle, libre et futuriste. Dès 1776, et la Déclaration d’indépendance américaine, « la poursuite du bonheur » figure parmi les droits inaliénables de l’Homme, comme la liberté ou l’égalité.

Durant sa dernière campagne à la présidence américaine, Donald Trump s’est présenté comme le sauveur du peuple, prétendant défendre les classes populaires. Cette vision peut cependant être remise en question, car l’on sait à présent que Donald Trump bénéficie d’une grande fortune liée à son héritage familial. Il semble y avoir une contradiction entre l’image qu’il essayait de construire et la réalité de la politique mise en œuvre. Dans ce contexte, nous pouvons nous demander : Est-il encore possible de croire au rêve américain ?

Durant ses deux mandats, force est de constater que Donald Trump a mis en œuvre une politique économique qui a contribué à l’appauvrissement de la classe moyenne et à favoriser les plus riches. Les mesures mises en place ont visé des baisses d’impôts favorables aux grandes entreprises, ou encore une précarisation du travail (diminution des emplois et augmentation du chômage). Les protections sociales ont aussi connu un large affaiblissement (les accès à de bonnes retraites, ou à la santé sont compliqués). Ainsi, pour une partie croissante de la population dans les classes moyennes, aspirer à une évolution de classe semble de moins en moins accessible.

Dans leurs fondements même, les Etats Unis reposent sur l’idée d’accueil et se sont constitués à partir de vagues successives de migrants, à raison de plus d’un million par an au début du XXème siècle. De plus, cette image d’un pays accueillant et ouvert vers l’extérieur nourrit pendant très longtemps l’imaginaire mondial. De quand date le tournant anti-migratoire aux Etats-Unis ? En 2001, suite aux attentats du 11 septembre, est créé une police anti-migration, destinée à réguler les cas les plus dangereux sur le territoire américain : l’ICE. Celle-ci est d’abord restée à petite échelle, avant de s’amplifier fortement avec le deuxième mandat de Donald Trump. Vu du côté français, l’ICE semble semer la terreur dans beaucoup de villes américaines avec des arrestations arbitraires et souvent violentes. Des personnes sont souvent arrêtées en raison de leur couleur de peau et soumises à des interrogatoires, parfois agressifs. Les Etats-Unis apparaissent alors comme un pays divisé et loin de l’idéal uni donné par le rêve américain.

À ces fragilités sociales et identitaires s’ajoute une remise en cause plus profonde : celle des fondements de la démocratie américaine. Les attaques répétées contre la presse, la défiance envers la justice et la contestation des résultats électoraux ont affaibli la confiance dans les institutions. La pression exercée sur les contre-pouvoirs fragilise l’équilibre démocratique et alimente une polarisation extrême de la société.

Parallèlement, le rapport à la vérité et à la science s’est dégradé. La désinformation se banalise, tandis que la parole des experts, des scientifiques et des journalistes est de plus en plus remise en cause, notamment par Trump sur le changement climatique. Cette perte de repères communs rend le débat public conflictuel et affaiblit la capacité de la société à se rassembler autour de faits partagés.

Ce climat de défiance met aussi en péril l’un des piliers du rêve américain : la foi dans le progrès. Longtemps perçus comme un modèle tourné vers l’avenir, les États-Unis apparaissent aujourd’hui divisés face aux grands enjeux contemporains.

Sur la scène internationale, la politique « America First » menée sous la présidence de Donald Trump a contribué à dégrader l’image du pays. Le repli diplomatique, les tensions avec des alliés historiques et le retrait de plusieurs accords internationaux ont affaibli la crédibilité des États-Unis. Pour certains observateurs, le pays est passé du statut de modèle démocratique à celui de contre-exemple.

Tous ces exemples ne font que montrer que le rêve américain semble se fragiliser avec la présence imposante de Donald Trump. Dès lors, une question demeure : Donald Trump est-il une parenthèse dans l’histoire américaine ou le signe d’un tournant durable mettant en péril le rêve américain et ses fondements démocratiques ?